Le Singapore Airshow fait les yeux doux à la Chine

Le Salon aéronautique de Singapour qui a lieu du 14 au 19 février, espère une plus grande présence chinoise. La Chine est en effet en lice pour devenir le numéro 2 du marché mondial de l’aviation dans les deux prochaines décennies.

Singapour sait que les entreprises chinoises, qui vendent des avions (COMAC, AVIC), mais aussi des pièces, des équipements et des services d’entretien, peuvent forger de nouvelles ententes avec des partenaires internationaux.

« Les entreprises chinoises peuvent  se servir de nous comme une plateforme pour la croissance », a déclaré Jimmy Lau, directeur général d’Experia, l’organisateur du salon aéronautique de Singapour lors d’une conférence de presse à Pékin le 12 janvier .

« Ils y rencontreront les constructeurs qui cherchent à faire des affaires dans cette partie du monde. » a t-il ajouté.

L'avion régional ARJ 21 construit par AVIC était présenté à Singapour en 2010.

Jimmy Lau s’exprimait pour promouvoir l’événement qui mettra en vedette les grandes entreprises chinoises comme COMAC, ainsi que les petites entreprises comme un fabricant de systèmes d’avions sans pilote à Pékin.

Mais à part un représentant de Comac (qui a refusé de commenter la conférence), aucune des sociétés chinoises n’étaient présentes lors du briefing…

Lancé en 2008, le salon aéronautique de Singapour est né suite à la délocalisation de l’Asian Aerospace à Hong Kong qui fut créé en 1981. Avec Paris et Farnborough, le salon de Singapour est l’une des trois expositions aéronautique les plus prestigieuses dans le monde. Elle se tient tous les deux ans.

Pour l’édition 2012, cinq exposants chinois seront présents, contre quatre en 2010.

Lors du salon précédent, Ameco Beijing (une joint-venture entre Air China et Lufthansa) avait notamment signé des contrats pour fournir des services de maintenance à United Airlines et Aeroflot Russian Airlines.

Ces dernières années, une petite poignée d’entreprises – incluant COMAC qui fabrique le C919 – étaient présentes à au moins trois principaux meetings à Paris (voir notre reportage), Farnborough et à Singapour.

Le logo du Singapore Airshow 2012.

La Chine a aussi des centaines de petites entreprises dans les fiefs de l’aviation chinoise florissante, comme Tianjin et Zhuhai.

Mais toutes ces entreprises font face à un défi : elles sont très fragmentées, a déclaré Jimmy Lau.

« Certaines d’entre elles peuvent ne pas être très avisés dans le marketing collectivement, » a t-il expliqué, notant que ces entreprises chinoises ont besoin de se promouvoir comme une force industrielle de l’aviation.

En 2010, Experia a décidé de faire de la Chine un « pays partenaire » pour le salon aéronautique de Singapour en 2014. Pour la première fois, ce salon sera spécialement consacré à un marché unique, celui de la Chine.

Le pavillon de la Chine en 2014 sera d’une taille deux fois plus grande que cette année, soit 5000 m², mettant en vedette le C919 ainsi que des provinces chinoises solidement établies dans l’industrie aéronautique.

Alors que le secteur de l’aviation connait un ralentissement en l’Occident qui est frappé de plein fouet par la dette et la crise, la Chine fait figure d’El dorado. Son industrie aéronautique a enregistré une recette de 411,5 milliards de yuans (65 milliards de dollars) en 2010, soit une hausse de 37% par rapport à l’année précédente.

Ce chiffre devrait grimper encore plus dans les années à venir car le trafic de passagers en Chine croît d’environ 200 millions par an, et pourrait atteindre 1,5 milliard en 2030.

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