L’Iran affirme pouvoir copier le RQ-170

Le 22 avril, le commandant des forces aériennes de l’Iran a affirmé que son pays avait réussi à décrypter le code du drone furtif américain RQ-170 Sentinel capturé en décembre 2011 et qu’une copie était en cours.

Dans l’interminable bras de fer entre Washington et Téhéran, la saga continue avec une nouvelle déclaration invérifiable des Iraniens concernant le drone furtif « récupéré » en décembre 2011.

« Toutes les technologies des Américains employées dans les avions de combat F-35, les bombardiers furtifs (…) sont rassemblées dans le drone », a affirmé le général Amir Ali Hadjizadeh, commandant des forces aériennes et spatiales des Gardiens de la révolution.

Le général Amir Ali Hadjizadeh, commandant des forces aériennes.

L’Iran avait annoncé avoir capturé en décembre 2011 un drone RQ-170 Sentinel alors qu’il avait pénétré son espace aérien, en mission d’espionnage des sites nucléaires, selon les médias américains.

Téhéran avait affirmé avoir réussi à prendre le contrôle de ce drone très sophistiqué pour l’obliger à se poser dans le désert où il aurait été récupéré presque intact, alors que Washington a affirmé l’avoir perdu à la suite d’une panne. Quelques jours plus tard, la télévision iranienne avait diffusé des images de l’épave intacte du drone américain exposée dans un hangar militaire (photo).

Les déclarations des Iraniens ont été accueillies avec scepticisme aux États-Unis.

« Les Iraniens fanfaronnent, ils sont sur la défensive en raison des sanctions que nous avons mises en place contre eux », a réagit Joe Lieberman, qui préside la Commission de la Sécurité intérieure au Sénat américain, lors d’un entretien accordé à la chaîne de télévision américaine Fox.

« Je donne quatre indications pour que les Américains comprennent jusqu’à quel point nous avons percé les secrets du drone », a déclaré à la télévision d’Etat le commandant des forces aériennes et spatiales des Gardiens de la révolution, responsables notamment du programme balistique iranien :

« En octobre 2010, l’appareil a été envoyé pour des problèmes techniques en Californie, où il a été réparé, puis il a été envoyé à Kandahar (Afghanistan) en novembre 2010, mais il avait toujours des problèmes techniques », a-t-il expliqué.

Image 3D du RQ-170 Sentinel.

L’appareil « a ensuite été envoyé dans un aéroport près de Los Angeles en décembre 2010 (…) et a survolé la maison où (Oussama) Ben Laden était caché deux semaines avant qu’il ne soit tué » au Pakistan en mai 2011 par des militaires américains, a-t-il ajouté.

En clair, les Iraniens seraient parvenus à lire l’historique GPS du drone, ce qui confirmerait le fait qu’une partie de sa technologie a été percée.

Le général Hajizadeh a également confirmé que l’Iran avait « commencé la production d’une copie du RQ-170 » en réutilisant la technologie du drone capturé, ainsi que les dirigeants iraniens l’avaient annoncé en décembre.

Téhéran a indiqué en 2010 travailler sur un programme de drones d’observation ou d’attaque furtifs. Washington s’est inquiété à plusieurs reprises depuis deux ans du développement de ces drones et de leur impact sur la sécurité des forces américaines dans la région.

Mais produire un drone furtif opérationnel et équivalent au RQ-170 n’est pas si simple. Un tel appareil requiert plusieurs technologies comme le revêtement furtif de la voilure et un système crypté du guidage par satellite (qui serait naturellement indépendant du GPS contrôlé par les Américains). Enfin, les Iraniens n’ont pas d’expertise particulière en aéronautique et une bonne partie de leurs dépenses sont affectées à l’enrichissement d’uranium. Pour un pays sous embargo cela fait beaucoup… Mais une aide extérieure n’est pas à exclure. La Chine, qui a dévoilé son prototype d’avion furtif J-20 en 2011, est aussi un gros client du pétrole iranien (1/4 de ses exportations).

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