La Russie veut remplacer ses bases par des porte-avions

Les porte-avions  pourraient remplacer les bases militaires russes à l’étranger, vue la situation incertaine autour de la location de ces dernières, a estimé le chef par intérim de l’Aviation navale, le général Igor Kojine dans une interview accordée le 14 juillet à la radio Echo de Moscou.

« Il est beaucoup plus efficace d’avoir un aérodrome flottant capable de se rapprocher de l’Afrique, des États-Unis ou de toute autre région, plutôt que d’avoir un réseau de bases qui, compte tenu de l’actuelle situation instable, peuvent disparaître à tout moment », a affirmé le général en faisant référence aux problèmes de la location des bases russe au Tadjikistan et au Kirghizstan, ainsi que de celle du radar de Gabala (Aserbaïdjan).

Le 12 juillet, le Tadjikistan avait annoncé qu’il entendait  imposer un loyer d’au moins 250 millions de dollars par an pour la présence sur son territoire de la 201e base militaire russe.

Le ministre kirghiz de la Défense Taalaïbek Omouraliev avait également annoncé le 11 juillet que le Kirghizstan entendait augmenter le loyer de trois des quatre bases militaires russes déployées sur son territoire à partir de 2014.

La base russe au Kirghizstan.

Il s’agit d’un centre d’essai de matériels sous-marins de Karakol (situé au bord du lac d’Issyk Koul), du centre de liaison de la Marine russe de Kara-Balta (58 km à l’ouest de Bichkek) et du laboratoire radio-sismologique de Maïli-Suu (région de Djalalabad, sud).

Cette décision d’augmenter le loyer ne concerne pas la base aérienne de Kant située près de Bichkek, qui fonctionne pour le compte de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC: Arménie, Biélorussie, Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Russie et Tadjikistan). En vertu des accords signés dans le cadre de l’OTSC, le Kirghizstan ne peut pas prélever de loyer sur des sites militaires utilisés par cette organisation que certains analystes qualifient « d’Otan russe ».

Selon une autre information diffusée début mars, l’Azerbaïdjan aurait décidé de porter de 7 à 300 millions de dollars le loyer annuel du radar de Gabala, loué par la Russie. Des négociations sont poursuivies jusqu’à présent.

La Russie ne possède à ce jour qu’un seul porte-avions, l’Amiral Kouznetsov (photo), qui est opérationnel depuis 1995 (les États-Unis en possèdent 11). Il embarque des Soukhoï Su-33 et Su-25, et des hélicoptères Kamov Ka-27. L’absence de catapulte limite le poids au décollage et les possibilités opérationnelles de ces avions qui sont essentiellement destinés à des missions d’interception avec des missiles air-air R-27 et R-73.

La Marine russe a planifié la construction d’un second porte-avions après 2015. L’objectif étant de disposer à moyen terme d’un groupe aéronaval dans chacune des flottes du Pacifique et du Nord. À plus long terme (20 ou 30 ans), la cible est de 3 porte-avions par groupe aéronaval, soit 6 au total. Cependant depuis la crise économique qui a secoué les institutions financières, les incertitudes dans le projet conduisent plutôt a la construction de 4 portes-avions nucléaires.

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