L’Asie et les pays du Golfe dopent l’industrie aéronautique

Le cabinet d’audit Deloitte a publié le 20 juillet le bilan économique 2011 du secteur mondial de l’aéronautique-défense. Cette étude fait ressortir deux grandes tendances : le dynamisme du secteur aéronautique pallie le repli de celui de la défense et l’industrie américaine est plus que jamais en forme face à l’industrie européenne.

Selon cet audit, les revenus du secteur aéronautique-défense (A&D) ont augmenté globalement de 2,3 % en 2011, principalement tirés par de nombreuses commandes de gros porteurs commerciaux. Un record de production annuelle a d’ailleurs été atteint en 2011 avec 1 011 livraisons d’appareils pour Boeing et Airbus. Les recettes commerciales ont ainsi augmenté de 10,1 % et devraient continuer à croître en 2012.

La production est également stimulée par une demande en avions plus légers, nécessitant moins d’entretien et à haute performance énergétique. En outre, la demande en nouveaux appareils reste forte, poussée par la croissance de la consommation de voyages, essentiellement dans des zones géographiques comme la Chine, l’Inde, le Brésil et le Moyen-Orient, où le pouvoir d’achat et le niveaux de vie augmentent rapidement, permettant une hausse des déplacements de loisir, mais également d’affaires.

Les revenus globaux de la défense ont diminué de 3,3 % en 2011, pour plusieurs raisons : évolutions des priorités politiques nationales, faiblesse des économies des pays occidentaux, retrait des forces en Irak et en Afghanistan expliquent notamment cette baisse. Aux États-Unis, le plus grand marché mondial aéronautique-défense, le secteur fait l’objet d’un ralentissement conjoncturel, à cela s’ajoutant une coupe budgétaire de 487 milliards de dollars sur les 10 prochaines années, potentiellement suivie d’une seconde de 500 milliards de dollars.

Inde, Chine et Etats du Golfe : premiers importateurs d’armes

Inversement, le niveau des dépenses militaires augmente dans les zones géographiques telles que l’Inde, la Chine, le Japon, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et le Brésil. L’Inde, par exemple, met actuellement en place un programme de défense majeur, tout en voyant son économie se développer, d’autres augmentent leurs dépenses militaires pour faire face à des préoccupations de sécurité nationale croissantes.

Malgré les sommets atteints par l’aviation commerciale, plusieurs indicateurs de performance financière concernant l’industrie aéronautique mondiale ont chuté en 2011, probablement en raison du poids prédominant du sous-segment « défense ». Indicateur clé, le bénéfice d’exploitation a diminué de 3,1 %. En outre, les marges d’exploitation déclarées ont diminué de 5,3 %, le free cash-flow a diminué de 13,3 % et le bénéfice d’exploitation par employé a diminué de 5,2 %. A contrario, les perspectives sont plutôt positives : en effet, le « book to bill ratio », un indicateur de la croissance des revenus futurs, progresse de 17,4 %, probablement en raison des prévisions de ventes annoncées par Airbus et Boeing.

L’écart entre les États-Unis et l’Europe continue cependant de se creuser. Ces dynamiques contraires reflètent les différences d’incitations, de méthodes de gestion et de management existantes entre les États-Unis et l’Europe. L’industrie aéronautique européenne n’a progressé que de 0,8 % tandis que l’industrie des États-Unis a augmenté de 3,3 %. Le bénéfice d’exploitation déclaré en Europe a reculé de 21,6 %, pendant que le bénéfice d’exploitation aux États-Unis augmentait de 2,9 %. En outre, la productivité des employés dans les entreprises européennes du secteur aéronautique-défense est également en retrait par rapport aux États-Unis.

Note : Cette étude du groupe de spécialistes mondiaux du secteur industriel de Deloitte Touche Tohmatsu Limited (DTTL) a été réalisée en mai 2012. Les analyses sont effectuées à partir de données clés indiquant la performance financière de 110 compagnies dans le monde, à capitaux privés, du secteur de l’aérospatiale et de la défense, et qui ont généré un chiffre d’affaires supérieur à 500 millions de US$ en 2011.

Source : Deloitte

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