La Chine inaugure son premier porte-avions

Le 23 septembre, la Chine a inauguré son premier porte-avions à la base de Dalian, sur la péninsule de Guandong (Kwantung) en présence du président Hu Jintao et du premier ministre Wen Jiabao.

Cet ancien porte-avions lourd soviétique initialement baptisé Varyag a reçu le numéro 16 dans la marine chinoise et serait baptisé Liaoning, au nom de la province devenue sa demeure à Dalian. Auparavant, le porte-avions avait d’abord été appelé Shi Lang.

Le président Hu Jintao sur le Liaoning le 23 septembre 2012.

Le porte-avions Liaoning ne sera pas destiné aux conflits régionaux mais sera utilisé comme un bâtiment-école servant à développer l’expérience aéronavale chinoise. Un seul avion a été aperçu sur le pont et ce dernier aurait été posé avec une grue. On ignore même si des « touch and go » d’avions ont été effectués. Les photos montrent néanmoins la présence des brins d’arrêt qui servent à stopper les avions à l’appontage.

Le Liaoning est un porte-avions de type soviétique équipé d’un système à « ski jump » qui se caractérise par une sorte de tremplin aidant au décollage. Rien à voir avec la catapulte utilisée sur les porte-avions occidentaux et qui nécessite des appareils bimoteurs très puissants (F/A-18, Rafale).

Depuis plusieurs décennies, la Chine récolte méthodiquement à travers le monde des informations sur le fonctionnement et la tactique des porte-avions. Étant privés d’accès direct au principal « centre de compétences » – la marine des États-Unis et de leurs alliées -, les Chinois ont étudié de près l’expérience de l’Argentine et du Brésil, et ont évidemment recueilli un maximum d’informations dans l’espace post-soviétique.

En Ukraine, où personne ne s’était engagé à garder les secrets soviétiques, hormis celui du porte-avions, la Chine a également acheté les plans ainsi qu’un ou deux prototypes du chasseur embarqué Su-33 (Su-27K). Pékin s’est également familiarisé avec le système NITKA, simulateur terrestre d’appontage et de décollage pour l’aéronavale.

La salle de briefing du Liaoning.

Une copie carbone de ce système, comprenant les principaux éléments d’un porte-avions dont une piste, un tremplin, des freins d’appointage, des ascenseurs et un pont, a été construite en Chine. Le développement du chasseur embarqué J-15 a commencé à partir du Su-33, dont le prototype était le J-11, la copie chinoise du Su-27.

Le J-15 a décollé pour la première fois en 2009 mais l’appareil était encore loin d’approcher le pont du Varyag – les essais ont été ralentis, entre autres, parce que la Chine a mis du temps pour obtenir la technologie des freins d’appointage – les câbles qui servent à stopper un avion lors de son atterrissage sur le pont.

L’Ukraine ne dispose pas des données complètes sur ces systèmes et la Russie empêchait formellement l’accès à toute information plus ou moins détaillée sur les systèmes et les équipements du porte-avions : plusieurs personnes ont fini en prison pour avoir pris contact avec la Chine à ce sujet.

Pékin a réussi à concevoir les freins d’appointage lui-même, grâce à l’expérience obtenue lors de la visite des porte-avions d’autres pays ainsi qu’à l’examen visuel extérieur des équipements de NITKA.

Compte tenu de l’histoire du Variag et des circonstances de la mise en service du nouveau porte-avions chinois, on ne peut que répéter que la Russie a encore le temps de construire une flotte puissante dans le Pacifique.

Les brins d’arrêt sur le pont.

Cette inauguration en grande pompe du Liaoning a surtout une valeur symbolique au moment où la Chine connaît un regain de tension avec le Japon au sujet des îles Senkaku. Ce porte-avions de 65,000 tonnes peut transporter seulement 20 à 25 chasseurs à son bord. En comparaison, les États-Unis possèdent 11 porte-avions pouvant accueillir de 50 à 70 appareils.

De son côté, le Japon possèdent deux porte-avions légers ayant une capacité de 19 000 tonnes – modestement appelés « destroyers de porte-hélicoptères » – qui peuvent transporter à terme jusqu’à 8 chasseurs F-35B chacun. Mais il est évident que l’industrie de la construction navale hi-tech au Japon est capable, aujourd’hui, de bâtir rapidement des navires de toutes classes et tailles.

La marine chinoise souhaite poursuivre l’évolution de ses bâtiments et devrait recevoir avant 2030 au moins deux, voire trois porte-avions – cette fois de fabrication nationale.

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Une pensée sur “La Chine inaugure son premier porte-avions

  • 27 septembre 2012 à 10 h 52 min
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    Les bâtiment japonais ne sont pas des portes avions. Ils peuvent au mieux servir de portes aéronefs puisque les F35B opérants depuis un navire sont des appareils à décollage cour ou vertical et à atterrissage vertical

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