Quelle est la portée des missiles nord-coréens ?

L’agence de presse Ria Novosti a publié une infographie sur la portée des missiles nord-coréens. Certains pourraient atteindre les États-Unis et l’Europe (source: Ria Novosti).

Les médias jouent-ils à nous faire peur ? Dans la guerre froide que se livrent Pyongyang et Washington, il est légitime de s’interroger sur la portée des missiles du régime nord-coréen. C’est chose faite avec l’agence Ria Novosti qui a dressé la liste de l’arsenal nucléaire nord-coréen dans une infographie pour le moins alarmiste.

Chose étonnante pour un média russe, les sources sont toutes occidentales : le World Factbook de la CIA, le Military Balanced 2012 de l’Institut International d’Etudes Stratégiques de Londres et le site Globalsecurity.org.

Premier constat, Ria Novosti révèle que la Corée du Nord pourrait frapper l’ouest des États-Unis et l’Europe grâce à son missile Taepodong-3 d’une portée de 10 000 km. Mais ce missile dérivé de la fusée spatiale Unha-9 est toujours en développement et ne sera opérationnel qu’entre 2014 et 2018. L’Occident ne serait donc pas menacé dans l’immédiat.

Portee-des missiles-coree-du-nord
Infographie de Ria Novosti sur les missiles nord-coréens.

Kim Jong-un avait désigné des cibles moins lointaines dans son communiqué comme les bases militaires américaines dans le Pacifique, notamment Hawaï et Guam, et les bases en Corée du Sud. Il s’agirait donc plutôt du missile Taepodong-2 d’une portée annoncée de 6750 à 10 000 km sur Globalsecurity. Là aussi, ce missile est toujours en développement et le site estime qu’il ne sera pas opérationnel avant 2014.

Les médias chinois, eux, sont plus modérés. Il est intéressant de noter que le site militaire mil.huanqiu.com a publié la même infographie en limitant la portée maximale du missile Taepodong-2 à 3700 miles, soit 6000 km.

Une chose est sûre, la Corée du nord possède des missiles à portée « régionale ». C’est le cas du No-Dong B mis au point entre 2004 et 2007 dont la Corée du nord posséderait une vingtaine d’exemplaires. Le No-Dong B est dérivé du missile SLBM russe SS-N-6. Il peut frapper une cible entre 3200 et 4000 km soit tout juste la base US de Guam à l’est des Philippines.

Quant aux fusées Hwasong-5 et Hwasong-6 dérivées de missiles Scud, elles ont été mises au point dans les années 80, ont une portée de 300 à 500 km et peuvent atteindre la Corée du sud et une partie du Japon. La Corée du nord possède 150 Hwasong-5 et 300 Hwasong-6.

Toutes ces données ne concernant évidemment que des missiles tirés depuis une plateforme terrestre en Corée du nord car on ignore si le régime de Pyongyang développe des sous-marins lanceurs d’engins ou des bombardiers stratégiques. Mais il s’agit d’abord pour le régime d’avoir un lanceur fiable. Or, le 13 avril 2012, la Corée du nord a essuyé un échec sévère en perdant une fusée Unha-3 dont deux étages n’avaient pas fonctionné.

Lire aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *