Premier lancement d’un avion avec une catapulte électromagnétique

Le 25 juin, un EA-18G Growler, la variante d’attaque électronique du F/A-18 Super Hornet, a été lancé pour la première fois avec une catapulte électromagnétique de la technologie EMALS (Electromagnetic Launch Aircraft System). Elle remplacera les catapultes à vapeur des porte-avions de la Navy (source : NAVAIR).

Ce test marque la 2ème phase des essais de lancement d’avions pilotés, sachant que plus de 300 lancements sont prévus cette année pour tester tous les avions de la Navy lancés à partir de catapultes (à l’exception du E-2C Hawkeye).

Le développement du système EMALS est prévu pour être achevé à la fin de 2015. Il sera intégré sur les futurs porte-avions nucléaires de la classe Gerald R. Ford.

Les catapultes à vapeur actuelles utilisent environ 615 kg de vapeur pour chaque lancement d’avion, laquelle est habituellement livrée par canalisation à partir du réacteur nucléaire. Il faut y ajouter l’hydraulique requis et les huiles, l’eau nécessaire pour freiner la catapulte et des pompes associées, les moteurs et les systèmes de contrôle. Cela représente un système lourd, et un entretien intensif, avec des chocs soudains qui peuvent raccourcir la durée de vie de la cellule du porte-avions.

Les composants du système EMALS.
Les composants du système EMALS.

L’EMALS (système de lancement avec appareil Electro-Magnétique) utilise une méthode analogue à un canon sur rail électro-magnétique pour accélérer la vitesse du sabot qui lance l’aéronef. Cette approche fournit un lancement plus lisse, tout en offrant jusqu’à 30% d’énergie supplémentaire au lancement notamment pour les avions lourds. Ce système occupe aussi moins d’espace et réduit les besoins d’entretien car il dispense de la plupart des tuyauteries pour la vapeur de la catapulte, mais aussi les pompes, les moteurs, et les systèmes de contrôle, et à terme un personnel plus restreint.

Le problème de l’EMALS est qu’il est devenu un goulot d’étranglement potentiel pour la nouvelle classe de porte-avions des États-Unis.

Le générateur du système EMALS pèse plus de 80.000 livres, et mesure 13,5 pieds de long, pour 11 pieds de large et près de 7 pieds de haut. Il est conçu pour délivrer jusqu’à 60 mégajoules d’électricité, et 60 mégawatts maximum. En 3 secondes, il doit délivrer une quantité d’énergie équivalente à celle de 12.000 foyers pour lancer un seul avion sur le pont. Or, chaque nouveau porte-avions de la classe Gerald R. Ford devra posséder 12 générateurs EMALS.

Ce système marque un gros changement mais c’est une technologie essentielle pour l’US Navy qui souhaite livrer sa nouvelle classe de porte-avions dans les délais et le budget prévus et tenir les promesses de réduction des coûts du programme CVN-21. Si l’EMALS n’est pas livré à temps, le vaste remaniement et les coûts supplémentaires liés à l’ajout d’équipements de catapulte à vapeur dans tout le navire pourraient facilement s’élever à des centaines de millions de dollars.

L’EMALS devait également être intégré à la nouvelle classe de porte-avions CVF Queen Elizabeth de la marine britannique. Mais en 2012, la Royal Navy a découvert que l’ajout de catapultes à sa nouvelle conception de porte-avions serait beaucoup plus difficile et plus coûteux que BAE Systems l’avait cru. Le gouvernement britannique a finalement opé pour le F-35B avec technologie STOVL (décollage court, atterrissage vertical).

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