Bombardier veut accroitre ses ventes sur le marché militaire

Global 5000

Le constructeur canadien de jets privés Bombardier a décidé de faire du profit sur la réduction des budgets militaires à travers le monde (source : RBC Daily).

La compagnie a l’intention de modifier ces jets pour en faire des avions destinés à un usage militaire – des avions anti-sous-marins, de reconnaissance et de sauvetage. Bombardier espère que les militaires apprécieront de faire des économies en achetant des avions déjà prêts au lieu de les concevoir de A à Z.

Bombardier a eu l’idée de transformer ses avions civils en appareils qui conviennent à un usage militaire après la première réduction des budgets militaires dans le monde en 1998. L’an dernier, cet indice s’est réduit de 0,5%, jusqu’à 1 750 milliards de dollars, selon les statistiques de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). « Tous les gouvernements sont conscients aujourd’hui du besoin de changer d’approche en termes de dépenses. Il existe une tendance en hausse pour la recherche de produits finis déjà certifiés pour les vols commerciaux », a déclaré à Bloomberg le vice-président de Bombardier Ben Boehm.

Q400
Le Q400 à hélices pourrait servir à patrouiller sur les littoraux.

À l’heure actuelle, les avions militarisés représentent seulement 1-2% des bénéfices du département aérospatial de Bombardier, ce qui représente 8,6 milliards de dollars de recettes l’an dernier. Par exemple, actuellement, la compagnie vend au consortium militaire Raytheon son modèle Global 5000 (photo ci-dessus) modifié ensuite par le consortium en avion de reconnaissance pour l’armée de l’air britannique, et les modèles à hélices de Bombardier sont utilisés par la sécurité côtière du Japon et de la Suède. La compagnie a l’intention de proposer aux militaires la gamme modifiée Challenger pour les opérations de recherche et de sauvetage. Bombardier a l’intention de transformer son frère cadet Learjet en avion d’interception radio, et les Q400 à hélices pourrait servir à patrouiller sur les littoraux.

Ben Boehm, qui a lui-même servi dans l’armée de l’air canadienne, espère qu’à terme, les ventes d’avions spécialisés aux militaires et aux sauveteurs augmenteront pour atteindre jusqu’à 20% de l’ensemble des recettes aérospatiales de Bombardier. Et ce, grâce aux tarifs : le P-8 Poseidon de lutte anti-sous-marine reprenant le châssis du Boeing 737 revient à la marine américaine 75 à 90 millions de dollars. Ce qui est pratiquement le double du Global 5000 de Bombardier identique au P-8, qui coûte 49 millions de dollars. De plus, Bombardier cherche à attirer les clients en leur promettant des économies grâce à l’utilisation de son large réseau de maintenance à travers le monde.

Learjet
Le Learjet serait recyclé en avion d’interception radio.

« L’idée de faire des économies sur la modification des avions civils déjà existants pourrait avoir un sens pour les militaires. Après tout, dès à présent, les ravitailleurs modernes sont construits à partir des modèles civils. Cependant, comme c’est toujours le cas avec les militaires, tout dépendra du client. La certification civile ne préoccupe pas vraiment les militaires. Bien qu’en soit, la satisfaction des normes civiles par les appareils puisse être un argument lors du choix. Dans l’ensemble, le marché est plutôt étroit, et les possibilités ne sont pas très nombreuses en termes de transformation des jets privés. Il est évidemment hors de question de proposer des jets privés pour les généraux », déclare Alexeï Sinitski, rédacteur en chef du magazine Revue des transports aériens.

Par ailleurs, le principal concurrent de Bombardier, le brésilien Embraer, connaît un certain succès sur le marché des avions spécialisés pour les militaires, rappelle l’expert. L’an dernier, ce segment lui a valu 17% de l’ensemble des ventes d’avions s’élevant à 12,2 milliards de dollars, fait remarquer Bloomberg. Les pays d’Asie et du Moyen-Orient ne voient pas non plus d’inconvénient à faire des économies en utilisant les acquis de l’aviation civile à des fins militaires. Les Emirats arabes unis, par exemple, ont été les premiers à commander l’avion d’assaut léger conçu par l’américain Air Tractor à partir d’un avion d’épandage agricole à hélice élaboré 20 ans auparavant.

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