ADEX 2013 : les enjeux militaires en Corée du sud

Le salon Aerospace & Defense Exhibition (ADEX) s’ouvre à Séoul du 29 octobre au 3 novembre 2013 avec une large présence de l’industrie militaire américaine.

L’achat de drones Global Hawk en négociation

Un RQ-4 Global Hawk.
Un RQ-4 Global Hawk.

Les autorités sud-coréennes comptent acheter quatre drones Global Hawks construits par la société américaine Northrop Grumman, rapporte le 1er novembre l’agence Yonhap citant une source au sein du gouvernement sud-coréen.

Selon la source, la décision d’acquérir les drones a été adoptée en avril 2013 bien que Séoul ait d’abord estimé l’acquisition trop coûteuse. Les Coréens ont finalement préféré les Global Hawk aux drones Phantom Eye produits par le groupe Boeing and Global Observer.

L’achat sera réalisé dans le cadre du programme américain Foreign Military Sales destiné à vendre, de gouvernement à gouvernement, des équipements de défense fabriqués aux États-Unis.

D’après un employé anonyme de l’agence sud-coréenne d’acquisition de l’armement (DAPA), Séoul envisage de mettre les drones américains en service dès 2017.

KAI dévoile la nouvelle version du KFX

Maquette du KFX C501.
Maquette du KFX C501.

Korean Aerospace Industries (KAI) développe une version monomoteur de son programme de chasseur furtif KFX (Korean Fighter Xperiment). Un démonstrateur technologique est en cours de fabrication dont la maquette a été dévoilée à l’ADEX de Séoul.

La version monomoteur du KFX, baptisée C501, combine des éléments en production du FA-50 et des éléments de la version bimoteur du KFX appelée C103. Celle-ci a achevé son développement technique en 2013.

Le programme KFX a été annoncé en 2001. Il prévoit à l’origine la conception d’un avion de combat furtif, multirôle, et bimoteur. La Corée du Sud a signé un accord avec l’Indonésie en 2011 pour partager les coûts de développement de la plate-forme.

Boeing dans l’attente

Le F-15 Silent Eagle.
Le F-15 Silent Eagle.

Boeing est suspendu au verdict de la Force Aérienne de la République de Corée ( ROKAF ) qui a remis les compteurs à zéro dans son appel d’offres FX- III. Après avoir frôlé la victoire avec son F-15SE, l’avionneur américain s’est vu recalé dernièrement. Le favoris est désormais le F-35 de Lockheed Martin. Pour autant Boeing ne s’avoue pas hors-jeu.

« Nous reconnaissons que la Corée a un intérêt dans le F-35 », a déclaré Howard Berry, directeur des ventes de Boeing dans le programme FX-III, « mais cet avion a du chemin à faire avant qu’il puisse être proposé comme une plate-forme opérationnelle au combat. La ROKAF va mettre à la retraite ses Phantom F-4, et il serait plus prudent pour Séoul d’attendre jusqu’en 2020 avant d’introniser le F-35 dans sa flotte. En attendant, le F-15 Silent Eagle pourrait combler le vide ».

Le F-15 Silent Eagle est une version avancée du F-15 en mettant l’accent sur la furtivité.

Le retour du Viking

Un S-3 Viking.
Un S-3 Viking.

Lockheed Martin a profité de l’ADEX pour ressusciter son S-3 Viking afin de satisfaire aux exigences à la fois de la marine coréenne et de l’US Navy. L’entreprise cherche à remettre en état un certain nombre d’avions Viking pour assurer des missions de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine, mais aussi pour le transporteur et le ravitaillement en vol. Vaste programme pour un avion entré en service en 1974 !

« Il y a environ 50 à 100 S-3 Viking dans l’ossuaire de Davis-Monthan en Arizona », explique Steve Pigott, Directeur du Business Development International chez Lockheed Martin. « En tant que fabricant, nous ferions une refonte du nez à à la dérive pour les équiper avec les systèmes nécessaires ».

La marine de Corée du Sud a besoin d’environ 20 avions pour grossir la flotte de ses 16 P-3C/CK Orions en cours de modernisation.

Steve Pigott a ajouté que le Viking serait équipé de bouées acoustiques et de systèmes de détection acoustique. Cette rénovation ne devrait prendre que quelques mois. La marine coréenne rendra son verdict en 2016 pour une mise en service de l’avion en 2017.

Les débouchés de l’AW159 en Corée

L'AW159 Lynx Wildcat.
L’AW159 Lynx Wildcat.

Les Européens tentent toutefois une percée en Corée. Selex ES, filiale de Finmeccanica (Italie, UK), espère que la marine coréenne sélectionnera l’AgustaWestland AW159 Lynx Wildcat dans le cadre du programme d’acquisition d’hélicoptères.

« Le choix de l’AW159 par la Corée est très important pour nous », commente Derrick Cox, directeur du marketing et des ventes régionales pour la Corée. « Selex ES fournit le radar SeaSpray E -Scan, le système défensif HIDAS 15, et l’ordinateur de commande de vol. Nous allons aussi fournir un soutien opérationnel et la formation pour l’utilisation du système de brouillage électronique (EW « Electronic Warfare ») de l’AW159. »

Selex ES voit aussi dans cette collaboration un moyen de pénétrer le marché de la défense en Corée du sud.

« La Corée cherche à exporter ses produits militaires comme le chasseur FA- 50 de KAI pour les Philippines, ce qui ouvre de larges perspectives dans la région Asie pour nous. » conclue Derrick Cox.

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