L’Inde prête à se lancer dans l’exportation d’avions

Tejas

L’Inde est prête à exporter du matériel de défense développés localement à des prix compétitifs aux pays amis et met au point les moyens de le faire, a déclaré le directeur de l’agence d’armement du premier ministre de l’Inde le 22 juin.

« Nous discutons de la méthodologie et de la politique pour l’exportation de systèmes d’armes localement conçus, » a déclaré Avinash Chander, directeur général de la Defence Research and Development Organisation (DRDO).

Répondant à l’appel du Premier ministre Narendra Modi pour stimuler les exportations d’armes indiennes, Mr Chander a suggéré un « jeu à guichet unique » pour atteindre cet objectif d’une manière « limitée dans le temps ».

Il a énuméré les plates-formes telles que l’avion de combat léger Tejas (LCA) – qui a été retardé de près d’une décennie et qui est encore en développement – ainsi que divers systèmes de missiles que l’Inde pourrait exporter à moindre coût. Il s’agit notamment du missile sol-air Akash (SAM), du missile balistique tactique à courte portée Prahar et du fameux missile de croisière supersonique BrahMos fabriqué conjointement avec la Russie.

Avinash Chander, directeur du DRDO.
Avinash Chander, directeur du DRDO.

Mr Chander a ajouté que les coûts de production locaux étant plus faibles, les systèmes d’armes de l’Inde étaient moins chers que ceux d’autres pays.

L’Inde, par exemple, pourrait produire des missiles à longue portée stratégiques que la Chine vend actuellement à l’Arabie saoudite pour un tiers, voire le quart de leur coût, a t-il précisé. Il a également déclaré que plusieurs pays étaient intéressés pour acquérir le système de missiles Akash, qui est en service dans l’armée indienne et l’Indian Air Force, mais a refusé de les nommer.

Mr Chander a également déclaré qu’il était possible d’exporter 500 à 1000 réacteurs du Tejas ACV à « coût compétitif » sans nommer les acheteurs potentiels.

Grand importateur mais petit exportateur

Les exportations de l’Inde de matériels de défense vers les pays voisins amicaux ont dégagé un petit excédent entre 2007 et 2011, notamment des munitions, des armes de démolition, et des pièces de rechange pour les canons, qui ont totalisé 1,23 milliards de roupies (20,5 millions de dollars).

Connu comme étant le plus grand importateur de matériel de défense au monde, l’Inde s’est opposé pendant des décennies aux exportations d’armes pour des raisons idéologiques. L’autre raison est que l’Inde ne produit pas de systèmes d’armes concurrentiels sur le marché international.

Au cours des dernières années, le pays a commencé à participer à des salons nationaux et étrangers de la défense, en faisant la promotion de son matériel.

Son premier produit d’exportation majeur conçu localement a démarré en 2008, lorsque l’armée de l’air équatorienne a acheté sept hélicoptères légers Dhruv pour 50,7 millions de dollars. En août 2013, le contrôleur général de l’Inde a critiqué le fabricant ALH Hindustan Aeronautics Limited pour la sous-évaluation de l’hélicoptère de 5,5 tonne au prix de 520 millions de roupies, et qui fut pénalisé de 60 millions de roupies pour ses retards à la livraison de deux plates-formes, ce qui aggrava encore leurs pertes.

« Les déclarations du DRDO sur l’exportation de matériel de défense ne sont que des voeux pieux », a commenté le général Mrinal Suman (à la retraite) qui est un spécialiste du marché de l’export. « Il est incapable de répondre, même de loin à des besoins locaux, et tout son discours sur les exportations est risible. » a t-il conclu.

Lire aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *