Libye : des attaques aériennes ciblent Tripoli

Base aérienne de Binina avec MiG-23 et MiG-21

La faction libyenne dirigée par le général à la retraite Khalifah Haftar a revendiqué la responsabilité d’une attaque aérienne menée contre les milices à Tripoli dans la nuit 17 au 18 août.

Un bombardement aérien aurait ciblé un dépôt de munitions à la base aérienne de Mitiga, qui est contrôlé par les milices islamistes de Misrata qui combattent actuellement les milices Haftar alliées d’Al-Zintan. Depuis l’intervention occidentale et le renversement du régime de Kadhafi en 2011, la Libye est en proie à la guerre civile. Les combats se sont notamment intensifiés à Tripoli depuis juillet 2014.

« Des Sukhoi-24 équipés d’armes à longue portée ont été remis en service afin d’intensifier les frappes aériennes tôt hier matin sur les milices de la « Libya Dawn » (« Aube de la Libye »), »  a déclaré le porte-parole du général Haftar, Muhammad al-Hijazi, à la chaîne de télévision al-Arabiya. « Les pilotes ont annoncé qu’ils avaient effectué des frappes efficaces qui ont conduit à la destruction de tous les sites ciblés. »

La base aérienne libyenne de Binina, située en dehors de Benghazi, est fidèle à Haftar et a réparé les chasseurs MiG-23 et MiG-21. La Libye avait initialement des Su-24, conçus comme bombardiers, mais aucun n’a été vu en vol depuis le conflit de 2011. Bien que la luminosité de la lune facilitait la visibilité sur Tripoli, les officiers de l’armée de l’air libyenne ont affirmé que les pilotes ne sont pas formés pour mener des attaques de nuit.

Le brigadier-général Saqr Jarushi, qui a été limogé en tant que chef de l’armée de l’air de la Libye, mais qui continue à commander Binina, a fourni une version différente des événements. Il a déclaré au journal Libye Herald que son avion n’avait pas effectué ces frappes aériennes, mais avait ciblé un autre dépôt de munitions au sud de Misrata. Toutefois, il a précisé avoir personnellement fourni les coordonnées de la cible à une force aérienne européenne qu’il n’a pas citée.

Le 18 août, le général de brigade Jarushi a déclaré au même journal que les Su-24 qui étaient sous son contrôle (mais fournis par une force aérienne étrangère) avaient effectué des frappes aériennes cumulées aux précédentes.

Qui fournit les Su-24 ?

Un Su-24.
Un Su-24.

L’Algérie et le Soudan sont les seuls pays de la région qui opèrent actuellement des Su-24. Le Soudan a reçu son premier Su-24MK en provenance de Biélarussie en 2013, mais il est peu probable que ce pays ait réalisé les frappes aériennes dans l’ouest de la Libye, à 2700 km de leur base aérienne de Wadi Sayyidna, notamment parce que la faction de Haftar a déjà accusé Khartoum de voler des armes aux milices de Misrata à Tripoli.

L’Algérie est un meilleur candidat. Elle est non seulement beaucoup plus proche de la Libye occidentale, mais a également modernisé certains avions à la norme Su-MK2, qui comprend un nouveau système de cartographie numérique pour améliorer les attaques de nuit.

Les responsables algériens ont à plusieurs reprises démenti les rumeurs affirmant que l’armée algérienne luttait contre les militants islamistes en Libye ou en Tunisie, ce qui reviendrait à une violation constitutionnelle du pays sur l’exécution des opérations militaires à l’intérieur d’autres pays.

Cependant, la presse algérienne a mis en évidence les menaces à la sécurité provenant de la Libye voisine. Le 6 août, le site al-Fajr a annoncé que l’armée algérienne avait déployé des systèmes de défense aérienne S-125 à la frontière orientale pour abattre les avions de ligne que les djihadistes auraient soi-disant volé à l’aéroport international de Tripoli, avec l’intention de mener des attaques-suicides.

Mise à jour du 27/08/2014

D’après le New York Times, les bombardements effectués sur le sud de Tripoli, le 18 août et le 23 août, ont été effectués par les Émirats arabes unis (EAU) avec le soutien logistique de l’Égypte. Les raids visaient des positions d’une coalition armée de factions de Misrata et de Tripoli qui ont lancé l’opération « Aube de la Libye » pour débarrasser la capitale libyenne des groupes dits « libéraux » et chasser l’influente milice de Zintan de la zone de l’aéroport international.

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