Un nouveau bombardier est crucial pour l’USAF

Long Range Strike Bomber

Un général de l’US Air Force a rappelé la nécessité de développer rapidement un nouveau bombardier stratégique lors d’un colloque organisé par l’Air Force Association le 20 janvier.

Le bombardier à long rayon d’action (Long Range Strike Bomber / LRS-B) de l’US Air Force est crucial pour maintenir une force de dissuasion stratégique efficace pour les États-Unis. Il fait parti des trois vecteurs de dissuasion nucléaire aux cotés des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), et des sous-marins, a rappelé le général Garrett Harencak, responsable de la dissuasion nucléaire stratégique à l’USAF, lors d’un petit-déjeuner organisé par l’Air Force Association à Arlington, en Virginie. le 20 janvier.

« Nous n’avons pas modernisé notre arsenal nucléaire depuis un certain temps, » a t-il déclaré,  « Je pense que beaucoup de gens se rendent compte que nous avons pris du retard au cours des 20-25 dernières années. D’autres pays ont progressé pendant ce temps. »

La Russie développe en effet un nouveau bombardier PAK-DA prévu pour 2019.

Le général Garrett Harencak.
Le général Garrett Harencak.

Lorsqu’on l’interroge sur la modernisation de la force nucléaire de la Russie depuis quelques décennies, le général affirme que le Pentagone doit « garder un oeil sur ce que font les autres » et qu’ils se préparent à « faire le nécessaire » face à des adversaires.

Concernant l’objectif du président Barack Obama de favoriser un monde exempt d’armes nucléaires, le général répond que « La meilleure chose à faire est d’avoir un stock nucléaire fiable, sécuritaire, et efficace jusqu’au jour où nous n’en n’aurons plus besoin. »

L’USAF est sur le point d’annoncer une décision dans les prochains mois pour savoir lequel entre Northrop Grumman et Boeing-Lockheed Martin va construire le futur bombardier LRS-B des États-Unis. Cet avion à capacité nucléaire serait déployé dans les années 2020 pour compléter et finalement remplacer le B-2 Spirit au sein de l’US Air Force.

Le général Harencak, qui est un ancien pilote de bombardier, pense qu’une nouvelle plateforme est essentielle pour maintenir la force de dissuasion stratégique américaine. « La capacité d’aller partout dans le monde, à tout moment, et de franchir les défenses ennemies doit être maintenue et ne jamais disparaitre ».

La question du budget

Le projet de nouveau bombardier est néanmoins critiqué en raison des coûts. Certains politiciens plaident pour un bombardier furtif sans pilote qui pourrait accomplir la même mission avec un budget plus réduit.

« Personne n’a jamais eu raison à propos de la prochaine guerre. Ceux qui disent: « Ne vous en faites pas, vous n’en n’aurez pas besoin, » ont eu tort hier, ont tort aujourd’hui et ils auront tort demain », a martelé le général.

Un missile Minuteman III.
Un missile Minuteman III.

Les hauts responsables du Pentagone ont assuré que le programme du LRS-B n’excéderait pas les 550 millions de dollars par unité pour une flotte de 80 à 100 avions. En comparaison, le B-2 Spirit avait été fabriqué pour un coût unitaire de 700 millions de dollars.

Cependant, les responsables de l’USAF ont pris soin d’étudier les technologies disponibles avant l’ouverture d’un appel d’offres pour réduire les risques de débordement budgétaire. Les industriels comme Boeing et Northrop travaillent donc sur des technologies matures pour ce futur bombardier.

Le LRS-B est donc l’une des trois priorités d’acquisition de l’US Air Force avec le Lockheed Martin F-35 et le Boeing KC-46A.

L’US Navy cherche également à remplacer sa flotte de sous-marins de la classe Ohio et à prolonger la durée de vie de ses missiles Trident II D-5, tandis que l’US Air Force planche sur ses ICBM Minuteman III.

Une extension des Minuteman pourrait économiser des dizaines de milliards de dollars (au lieu d’un remplacement), et laisser des crédits à d’autres vecteurs nucléaires.

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Une pensée sur “Un nouveau bombardier est crucial pour l’USAF

  • 10 mars 2015 à 14 h 48 min
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    Le B-2 spirit couta 2.2 milliards de $ l’exemplaire, le programme ayant couté 45 milliards pour 21 exemplaires produits.
    Gageons qu’un nouveau programme coutera au minimum le double.

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