Le Pentagone s’inquiète des progès spatiaux russes et chinois

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Le Pentagone appelle à la modernisation rapide de ses technologies de défense spatiales face aux progrès de la Chine et de la Russie (source : The Diplomat).

Lors d’une conférence sur les programmes de défense organisé par McAleese & Associates le 17 mars à Washington, le secrétaire américain adjoint à la défense, Robert O. Work a déclaré qu’« en raison de l’incertitude budgétaire, des restrictions imposées par le Congrès, et de notre focalisation incessante sur les forces déployées, nous subissons un sous-investissement chronique dans le développement de nouvelles armes et de capacités ».

« Notre domination technologique n’est plus assurée (…) Nous voyons plusieurs pays développer des capacités technologiques qui menacent de surclasser à long terme notre capacité de projection. » a t-il ajouté. Les Chinois et les Russes auraient des capacités militaires croissantes et particulièrement inquiétantes selon les dirigeants du Pentagone.

Frank Kendall, secrétaire ajdoint à la défense pour les technologies.
Frank Kendall, secrétaire ajdoint à la défense pour les technologies.

Le sous-secrétaire de la Défense pour les acquisitions d’armes, de la technologie et de la logistique, Frank Kendall, a enfoncé le clou en précisant que l’avance technologique des États-Unis s’errode dans le domaine spatial et devient « particulièrement mauvaise » en raison des progrès des systèmes anti-satellites chinois et russes.

Ces capacités incluent potentiellement des attaques informatiques et électromagnétiques, des opérations de brouillage, et des systèmes lasers basés au sol ainsi que des missiles anti-satellite (ASAT). La Chine a par exemple détruit un satellite météorologique inactif avec un missile en 2007. En outre, Pékin a testé un véhicule lanceur de missile anti-satellite à l’été 2014, le déguisant en test de défense antimissile balistique. La Russie aurait également développé un « chasseur spatial » capable de suivre les satellites ennemis et de les détruire.

Les satellites AEHF vulnérables

Les responsables américains sont particulièrement préoccupés par les menaces contre leurs satellites de télécommunication AEHF (Advanced Extremely High Frequency) exploités par l’Air Force Space Command. Ces satellites servent à relayer des communications sécurisées des Forces armées des États-Unis, du British Armed Forces, des Forces armées du Canada et des forces armées des Pays-Bas.

« Si un adversaire parvient à neutraliser un seul de ces satellites, cela provoquerait un trou dans la chaîne de communication et cela pourrait potentiellement empêcher le président de communiquer avec nos forces dans les autres parties du monde », a souligné un responsable. Le Pentagone prévoit de mettre en orbite six satellites AEHF d’ici 2019, dont le premier, l’AEHF 1, a été lancé en août 2010.

Toutefois, de nombreux analystes notent que les scénarios de menaces actuelles sont beaucoup plus liés aux compressions budgétaires (qui est en plein débat pour l’exercice financier 2016 de la défense) qu’aux progrès des armes chinoises et russes.

D’autres analystes minimisent les inquitéudes du Pentagone en rappelant que les armes chinoises et russes ont des performances limitées.

« L’altitude orbitale des satellites américains est comprise entre 1000 km et 36000 km – ce qui pose un défi aux capacités de la Chine (…) Contrairement aux États-Unis, la Chine a une capacité de repérage par satellite très limitée, dont la plupart des stations sont basées sur son territoire et éventuellement via quelques navires, » a précisé un expert.

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