La Corée du nord possèderait la bombe H

La Corée du Nord a annoncé avoir effectué le 6 janvier son premier essai de bombe à hydrogène, faisant entrer le pays dans le cercle « des États nucléaires avancés » (source : KCNA).

Pyongyang affirme que ce test d’une bombe H a été personnellement ordonné par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un à deux jours de son anniversaire.

« Le premier essai de bombe à hydrogène de la République a été mené avec succès à 10h » (1 h 30 GMT), a annoncé la télévision officielle nord-coréenne, précisant que l’engin était « miniaturisé ». « Avec le succès parfait de notre bombe H historique, nous rejoignons les rangs des États nucléaires avancés ».

Une bombe à hydrogène, ou bombe thermonucléaire, utilise la technique de la fusion nucléaire et produit une explosion beaucoup plus puissante qu’une déflagration due à la fission, générée par les seuls uranium ou plutonium.

Pas de tir d'un fusée nord-coréenne.
Aire de lancement d’une fusée nord-coréenne.

Pyongyang avait d’abord testé trois fois la bombe atomique A, qui utilise la seule fission, en 2006, 2009 et 2013, ce qui lui a valu plusieurs volées de sanctions internationales.

Le mois dernier, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un avait laissé entendre que son pays avait mis au point une bombe H, une déclaration largement mise en doute par les spécialistes internationaux.

« Cette arme avait probablement la taille de la bombe américaine d’Hiroshima mais ce n’était pas une bombe à hydrogène. On a affaire à de la fission », a assuré à la BBC Bruce Bennett, analyste spécialiste de la défense chez la Rand Corporation. « Le ‘bang’ qu’ils auraient obtenu aurait été 10 fois supérieur à ce qu’ils ont obtenu ».

Les premiers soupçons sur un nouvel essai nord-coréen ont été émis par des sismologues qui ont détecté un séisme de magnitude 5,1 près du principal site d’essais nucléaires de la Corée du Nord, dans le nord-est du pays.

La plupart des spécialistes estimaient que Pyongyang était à des années de pouvoir développer une bombe thermonucléaire, mais étaient divisés quant à ses capacités de miniaturiser l’arme atomique, étape décisive dans la production d’ogives nucléaires.

Condamnations internationales

Le Conseil de sécurité nationale de la Corée du Sud voisine a « condamné avec force » cet essai. Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a parlé de « grave défi » aux efforts mondiaux de non prolifération nucléaire et de « sérieuse menace » contre le Japon.

Portée des missiles de la Corée du Nord selon des agences occidentales.
Portée des missiles de la Corée du Nord selon des agences occidentales.

Les États-Unis ont fustigé les « provocations » de la Corée du Nord, tout en se disant incapables de confirmer si ce pays avait bien effectué un essai de bombe à hydrogène, comme il le prétend. « Nous ne pouvons pas confirmer ces affirmations pour le moment », mais « nous condamnons toute violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et appelons à nouveau la Corée du Nord à respecter ses obligations et ses engagements internationaux », a fait savoir la Maison-Blanche. « Nous continuerons a protéger et défendre nos alliés dans la région, y compris la Corée du Sud, et nous répondrons de manière appropriée à toute provocation nord-coréenne ».

Notre analyse

D’un point de vue militaire, l’arsenal de Pyongyang compte 6 à 8 ogives nucléaire ce qui n’est pas vraiment une menace pour le monde et ne lui donne aucun avantage stratégique face aux puissances occidentales qui en possède des centaines (Europe) ou des milliers (USA).

On ignore par ailleurs la portée réelle des missiles nord-coréens qui pourraient frapper théoriquement l’ouest des États-Unis et l’Europe grâce à son missile Taepodong-3 d’une portée de 10 000 km selon des agences occidentales. Mais une fois lancés, les missiles seraient immédiatement détectées et interceptés par les États-Unis qui déclencheraient des représailles massives.

La condamnation américaine est aussi paradoxale. Les États-Unis possèdent à eux-seuls 7260 ogives nucléaires avec plus de mille essais depuis 1945 (source : SIPRI). Ils restent à ce jour la seule nation à avoir utilisé l’arme atomique contre une population civile.

La bombe nord-coréenne a donc surtout une valeur dissuasive contre une attaque préventive américaine, sachant que l’alliance chinoise pèse déjà de tout son poids.

Lire aussi :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *