Vente de MiG-21 : l’Ukraine a t-elle escroqué la Croatie ?

MIG-21 Croatie

La Croatie soupçonne l’Ukraine de lui avoir vendu des MiG-21 du Yémen au lieu de rénover ses propres avions. Au final, seulement trois des 12 MiG peuvent voler (source : Sputnik News).

Conclu en juillet 2013, le contrat d’un montant de 17,5 millions d’euros prévoyait la remise à niveau de sept MiG-21 de l’Armée de l’air croate par Ukrspecexport (entreprise publique de l’Ukraine) et la vente de cinq MiG-21 d’occasion.

Les 12 avions ont été livrés en juillet 2015 mais cinq d’entre eux ont été rapidement retirés du service en raison de problèmes techniques. L’Ukraine n’aurait donc finalement réparé que trois chasseurs.

Une enquête a été menée et la police militaire croate a établi que les MiG-21 livrés par l’Ukraine auraient pu être assemblés à partir de pièces achetées dans d’autres pays du monde. Il pourrait s’agir notamment de fuselages provenant de Bulgarie et d’ailes en provenance d’Algérie.

La présidente de la Croatie Kolinda Grabar-Kitarović.
La présidente de la Croatie Kolinda Grabar-Kitarović.

Par ailleurs, les numéros de série sur les moteurs des appareils ont été estompés et les numéros des pièces de rechange ne correspondaient pas à la documentation.

Les médias croates soupçonnent les Ukrainiens d’avoir présenté aux inspecteurs croates les MiG appartenant à l’Armée de l’air du Yémen comme étant les avions destinés à la Croatie.

« Nous avions deux possibilités de remettre à niveau nos avions: en Ukraine et en Roumanie (…) On a choisi l’Ukraine où des MiG pour un autre pays (Yémen, ndlr) étaient déjà en réparation », a expliqué l’ex-ministre croate de la Défense, Ante Kotromanović.

Corruption et escroquerie

La police militaire croate évoque d’éventuels « pots-de-vin », en cherchant à établir qui aurait pu toucher des rétrocommissions pour ce marché qui ressemble fort à une escroquerie.

« Tout est entre les mains du parquet qui a toute l’information et tous les documents nécessaires (…) Les coupables en répondront », a déclaré pour sa part le ministre croate de la Défense Josip Buljević.

« Nous suivons de près l’évolution de l’enquête et en attendons les résultats. Quoi qu’il en soit, les informations que je reçois me préoccupent », a reconnu la présidente de la Croatie Kolinda Grabar-Kitarović.

Ce scandale est un coup dur pour la Croatie dont la capacité de défense aérienne est amoindrie par des accidents en série de ses MiG-21. Pour l’Ukraine, c’est également un coup porté à son image sur la scène internationale à travers son agence d’exportation d’armes Ukrspecexport.

Kiev soutient néanmoins que les avions livrés sont en bon état, alors que Zagreb affirme qu’ils ne volent pas. Dans ces deux capitales, on attend les résultats définitifs de l’enquête.

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