La méthode Obama pour vendre le F-18 au Brésil

Les américains auraient désinformé le président Lula sur les capacités du Rafale pour imposer le F-18

La vente des 36 Rafale par la France au Brésil s’est jouée à un cheveu. C’est ce qu’il ressort d’un article publié le 14 septembre dans le journal Les Echos où l’on apprend que l’administration Obama et l’avionneur Boeing auraient déroulé le rouleau compresseur à partir de la mi-juillet pour faire échouer les négociations franco-brésiliennes. Depuis son lieu de vacances, le président américain a appellé Lula pour lui indiquer que les Etats-Unis iront loin en matière de transfert de technologies, et qu’il se porte garant du Congrès, dont l’accord est indispensable. De son côté, Boeing commence à distiller des informations négatives sur le Rafale.

Le F-18 de Boeing était le rival du Rafale dans l'appel d'offre du Brésil.

Au mois d’août, un haut responsable brésilien présente à Lula un rapport accablant sur les performances du Rafale. Primo, l’heure de vol ressortirait à 21.000 dollars (près de 3 fois plus cher que celle du F-18). Secondo, le Brésil n’obtiendrait pas l’exclusivité d’exportation en Amérique du Sud. Tertio, il faudrait débourser 70 % du contrat avant de toucher le premier appareil. Pour enfoncer le clou, Obama appelle Lula pour lui confirmer que le Congrès est dans la poche. C’est dans ce contexte de suspicions que Nicolas Sarkozy arrive en visite officielle à Brasilia le 7 septembre accompagné du staff de Dassault Aviation.

Il faudra alors une nuit de négociation le 7 septembre pour que les responsables de Dassault déminent le terrain et clarifient les points litigieux. A chaque avancée, un paragraphe commun est écrit en brésilien et en français. Au final, une lettre reprend tous les engagements de Paris. Nicolas Sarkozy est réveillé à 3 heures du matin, valide le texte et le signe. Lula dispose d’un engagement au plus haut niveau de l’Etat français. Plus rien ne s’oppose à l’annonce de l’entrée en négociations.

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