Les Mirage 2000 en exercice au Chili

Depuis le 17 octobre 2009, une centaine de pilotes français participent à l’exercice Salitre II au Chili. Parmi eux, le lieutenant-colonel Christophe Michel, pilote sur Mirage 2000, donne ses impressions à la veille du convoyage retour devant permettre aux équipages de rejoindre leurs bases respectives, à partir du samedi 31 octobre, via des escales au Brésil et au Sénégal.

Quel a été votre rôle au cours de l’exercice Salitre II ?

Colonel Michel : Je commandais le détachement des Mirage 2000 français, avions de chasse que je connais bien puisque je suis à la tête de l’escadron de chasse 1/12 «Cambrésis» de la base aérienne 103 de Cambrai. En parallèle, un avion radar E-3F de l’escadron de détection et de contrôle aéroportés 36 «Berry» d’Avord complétait les moyens aériens déployés. Au total, le détachement français était composé d’une centaine d’aviateurs.

Est-ce la première fois que l’armée de l’air française participait à un exercice organisé par le Chili ?

Non, il existe un précédent : l’exercice Mermoz auquel les Mirage 2000-5 de Dijon avaient participé en mars 2000. Cela faisait donc plusieurs années que les aviateurs français n’avaient pas été déployés au Chili.

Quels ont été vos rapports avec les forces aériennes chiliennes ?

L’accueil de la Fuerza Aérea de Chile (forces aériennes du Chili) a été exemplaire. Les échanges ont été fructueux et chaleureux. Nous avons par exemple eu l’honneur de recevoir la visite de Mme Michèle Bachelet, président de la République, lors de sa visite officielle de l’exercice. De plus, d’un point de vue opérationnel, les équipages chiliens possèdent un très bon niveau.

Les buts qui vous ont été fixés ont-ils été atteints ?

Absolument. Les objectifs principaux, à savoir développer l’interopérabilité, la coopération et la confiance entre les composantes aériennes présentes, a été largement rempli. Au cours de Salitre II, nous avons pu planifier et conduire des opérations aériennes multinationales, appelées également Composite Air Operations (COMAO), entre les forces aériennes de l’Argentine, du Brésil, du Chili, des États-Unis et de la France. Les scénarios mettaient aux prises une trentaine d’appareils divers (avions de chasse, de transport, ravitailleurs…). D’un côté, les Blue Forces, forces de la coalition dont les Français faisaient partie ; de l’autre, les Red Forces, les agresseurs joués notamment par les équipages chiliens. Au menu des missions confiées aux Français figuraient notamment de l’Air Interdiction et du combat aérien.

Quels sont les points forts d’un tel exercice ?

Salitre II a permis des échanges d’expériences fournis avec les forces du continent américain. Un entraînement de ce type présente l’opportunité de travailler avec des forces aériennes et des appareils que nous ne sommes pas habitués à côtoyer en temps normal. De plus, nous évoluons au-dessus de territoires aux reliefs très variés, que ce sont les montagnes de la cordillère des Andes ou les étendues désertiques du l’Atacama, au nord du pays. Ces vastes étendues sont quasiment vierges de présence humaine, ce qui allège fortement les contraintes en termes de survol et de nuisance sonore. En un mot, tous les éléments étaient réunis pour réaliser un exercice de grande qualité.

Propos recueillis par le lieutenant Karim Djemaï

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