La Chine va-t-elle devenir le plus grand pays possesseur d’avions privés ?

Il y a seulement deux ans, il n’existait pas le moindre marché pour les avions privés en Chine, mais il semble que ce marché augmentera de 20 à 25% par an d’ici 2020.

C’est du moins l’avis de Mike Walsh, PDG d’Asia Jet, à Hong Kong, le plus gros vendeur d’avions privés d’Asie, qui se dit « optimiste au sujet de l’avenir du marché chinois de l’aviation ».

Les faits commencent à lui donner raison. Hainan Airlines a acheté son premier Bombardier Learjet 55 en 1995, date qui a marqué le début de l’aviation d’affaires en Chine. Depuis lors, le marché de l’aviation d’affaires semblait «mort» en Chine, n’ayant redémarré que depuis peu.

Ces deux dernières années, les fabricants d’avions ont reçu de nombreuses commandes en provenance d’entreprises du continent chinois, dépassant les chiffres des dix années précédentes.

Les avions privés sont plus devenus une forme de transport d’affaires qu’un luxe. Le 5 avril dernier, le comédien chinois Zhao Benshan a ainsi dépensé plus de 200 millions de Yuans pour un avion d’affaires privé. L’avion l’a transporté avec son équipe d’acteurs vers Taiwan pour une activité de promotion.

«Les avions privés sont considérés comme un luxe parce que des gens riches peuvent en posséder», explique Yang Xiaonong, un des tous premiers conseillers en matière d’avions privés en Chine. «Mais si l’on s’en tient aux demandes, ils sont essentiellement utilisés pour des activités d’affaires».

Yang Xiaonong a fondé Changsha GALink Aviation Technology Co., Ltd en 2006 ; c’est une société qui fournit des conseils d’achat et des services d’achat pour les entreprises et les clients individuels.

La plus grande base de clients pour des avions d’affaires en Chine est constituée par le gouvernement, les entreprises du Top 500 mondial en Chine, les grosses entreprises privées de Chine et les vedettes du show-biz. Et ces appareils sont essentiellement utilisés pour les affaires liées à l’étranger, les voyages d’affaires, les secours aux victimes de désastres et l’aide médicale.

Bombardier Aerospace, à Toronto, qui a commencé comme fabricant de véhicules-neige, est en train à présent de grapiller des parts de marché de l’aviation chinoise d’affaires.

Avec le solide développement de l’économie chinoise, et l’espace aérien à basse altitude ouvert à l’aviation privée, les experts pensent que le continent chinois va devenir la région qui aura la plus forte croissance dans les dix ans qui viennent. A cette époque, le marché chinois aura besoin d’au moins 1 200 avions d’affaires, et les revenus annuels devraient atteindre 60 milliards de Yuans.

Mais il y a toujours des facteurs restrictifs. Yang Xiaonong pense que le marché de l’aviation privée en Chine ne grandira pas rapidement sur le court terme. Le premier problème est le contrôle du trafic aérien, rigide. L’espace aérien chinois est en effet si sévèrement contrôlé par l’armée que les avions privés ont besoin de demander une autorisation niveau après niveau, ce qui rend le vol des avions privés compliqué.

Les tarifs sont un autre facteur de restriction. De nombreuses entreprises étrangères ne veulent pas enregistrer leurs avions en Chine du fait de tarifs élevés.

Mais l’administration chinoise commence à assouplir les limites posée à l’industrie de l’aviation. Récemment, les autorités de l’aviation civile chinoise ont ainsi exprimé leur soutien au développement de l’aviation générale. Lors du Forum sur le Développement de l’Aviation Civile de Chine, qui s’est tenu le 12 mai dernier, Li Jiaxiang, Directeur de l’Administration de l’Aviation Civile de Chine, s’est engagé à accélérer le développement de l’aviation générale. Cela montre que la Chine accélère le processus législatif de la Loi sur l’espace aérien. Le projet a été achevé, mais il est toujours en cours d’étude et de finalisation.

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