L’Inde ouvre un appel d’offres géant pour remplacer ses MiG-21

L’Inde doit impérativement remplacer sa flotte de MiG-21. Un appel d’offres a été lancé auprès des principaux avionneurs internationaux mais la lenteur du processus semble interminable.

«C’est la plus grande transaction d’avions de combat depuis le début des années 1990″, a déclaré Mark Kronenberg de Boeing, qui dirige l’entreprise sur la zone Asie-Pacifique. L’Inde prévoit d’acheter plusieurs milliards de dollars d’avions de combat mettant en compétition Dassault, Saab, MiG, les avionneurs américains et l’Eurofighter d’EADS. Nom du programme : MMRCA (Medium Multi-Role Combat Aircraft).

L’appel d’offre initial a d’abord porté sur le remplacement des centaines de MiG-21 non-modernisés dont dispose l’Inde. Les besoins de l’Inde évoluant, l’appel d’offre a finalement été scindé en deux catégories d’avions créant deux niveaux de dépenses. Il s’agit d’une part de remplacer les MiG-21 contraints à la retraite, et d’y ajouter une force complémentaire de 126 avions qui comprendrait des avions haut de gamme Su-30MKIs et des chasseurs légers Tejas LCA. Du coup, les participants à l’appel d’offre ont changé. Les besoins de l’Inde ont évolué et le montant du marché aussi désormais fixé aux alentours de 10 milliards de dollars.

L’Inde est un grand pays qui nécessite une couverture aérienne très étendue et sur plusieurs fronts. L’un d’eux est le Pakistan, dont le programme d’avion de chasse JF-17 est mené conjointement avec la Chine. L’Indian Air Force compte actuellement 32 escadrons en service, ce qui est bien en dessous de leur objectif de 39. De plus, les escadrons de l’IAF se composent toujours de vieux MiG-21 maintenant tombé à 12, et la force globale devrait tomber à 27 lors de la période 2012-2017.

L’Inde cherche donc un avion de combat multi-rôle qui pourrait compenser la diminution du nombre d’aéronefs avec des capacités plus large. Le Mirage 2000 et le MiG-29 étaient déjà en service en l’Inde pour assurer ce rôle, et le JAS-39 Gripen constitue un avion de 4ème génération dont les coûts et le profil le place dans la catégorie des avions de combat léger. Ces avions ont servi de couverture contre le risque de défaillance du projet d’avions légers Tejas.

Dès lors, l’Inde a lancé un appel d’offres auprès des différents constructeurs occidentaux tels que Dassault (Mirage 2000-5 et Rafale), BAE / Saab (JAS-39 Gripen), EADS / BAE (Eurofighter Typhoon), les entreprises américaines Lockheed (F-16 Block 70) et Boeing (F/A-18 E / F Super Hornet), et Rosonboronexport Russie (MiG-29OVT avec poussée vectorielle, aka. MiG-35).

De fait, une compétition à 2 niveaux s’est ouverte comprenant d’un côté des avions de combat légers. En mars 2006, cet appel a connu un rebondissement lorsque l’agence Press Trust of India (PTI) a annoncé un retrait surprise du Mirage 2000 de l’IAF bien que sa flotte compte déjà 40 Mirage 2000Ds. L’avion de combat français serait remplacé par le nouveau Rafale, plus coûteux mais nettement plus performant.

L’évolution des besoins de l’Inde ont également causé des retards à un processus déjà lent. Après un retard de 2 ans, le ministère indien de la Défense a finalement annoncé une demande de propositions officielle le 28 août 2007.

Le programme porte sur 126 avions de combats multi-rôles, pour un coût d’environ 1 0240 000 000 dollars (soit environ 81,300,000 $ par chasseur). L’appel d’offres inclut un transfert de technologie, la production sous licence et le support de maintenance à vie pour l’avion. Aux termes de l’achat, les 18 premiers avions seront livrés sur place, tandis que les 108 restants seront fabriqués en Inde grâce au transfert de technologie. Certains rapports ajoutent une option pour 64 appareils supplémentaires dans les mêmes conditions, portant le total à 190 avions.

Les vendeurs ont 6 mois pour soumettre leurs propositions. La sélection implique un processus d’évaluation exhaustif . Premièrement, les propositions seront évaluées techniquement par une équipe professionnelle pour vérifier la conformité aux exigences opérationnelles de l’IAF. Puis, des essais sur le terrain permettront d’évaluer les performances des avions. Enfin, les propositions des fournisseurs présélectionnés seront examinées et comparées. Le contrat du comité de négociation du ministère de la défense indien ferait ensuite l’objet de discussions avec les fournisseurs avant d’identifier le constructeur préféré. Leur rapport sera ensuite transmis au ministre de la défense, qui doit le transmettre au ministre des Finances. Après le dossier retourne au Ministère de la défense, pour l’approbation finale du Comité du Cabinet sur la sécurité (CCS).

Ce n’est pas un processus rapide. Il est susceptible de prendre au moins 2 ans, suivi par de longues négociations du prix, sans compter d’éventuels retards. La plupart des observateurs estiment que la livraison des premiers aéronefs est peu probable avant 2013.

Le vendeur qui remportera l’appel d’offres MMRCA devra procéder à 50% des obligations de compensation en Inde. C’est un coup de pouce de l’habituel 30%, ce qui est requis pour les achats de la défense des Indiens de plus de 70 millions de dollars. La majoration de 20% a été ajoutée parce que l’Inde est à la recherche d’un grand coup de pouce à son industrie aérospatiale et l’électronique de défense, et comprend que la taille de leur achat leur donne une influence supplémentaire. Le ministère de la Défense indien a ajouté que « les fournisseurs étrangers bénéficieraient d’une grande souplesse pour nouer des partenariats avec des entreprises indienes. Les avions sont susceptibles d’être en service pendant plus de 40 ans. Un grand soin a été pris pour s’assurer que seuls les facteurs déterminables, qui ne se prêtent pas à une subjectivité, sont inclus dans le modèle de sélection commerciale. La sélection serait transparente et équitable.

« Il convient de rappeler que le ministre de la Défense Shri AK Antony lors de sa présidence du Conseil des Acquisitions de la Défense du 29 juin 2007, a défini trois principes directeurs pour ce régime d’approvisionnement. Tout d’abord, les exigences opérationnelles de l’IAF doivent être pleinement respectées. Deuxièmement, le processus de sélection devra être compétitif, équitable et transparent, de sorte que le meilleur rapport qualité/prix soit réalisé. Enfin, les industries de défense de l’Inde devrait avoir une chance de grandir à l’échelle mondiale. »

Une fois de plus, la vitesse n’est pas un critère essentiel. L’Inde rencontre souvent des problèmes de procédure avec de longs retards bureaucratiques et des accusations de corruption.Le temps nous dira si les objectifs du ministère de la Défense indien sont satisfaits, et si le processus d’attente de près de 6 ans pour un appel d’offres verra le bout du tunnel. En attendant, la flotte de combat de l’Inde continue de se détériorer, tandis que celles de la Chine et du Pakistan continuent de croître.

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