L’industrie aéronautique s’affirme en Auvergne

En tant que 4e région aéronautique en France, l’Auvergne a marqué son dynamisme par l’organisation du salon Aéroliance réunissant des centaines d’entreprises du secteur à Clermont-Ferrand.

« L’Auvergne est la 4e région industrielle de l’aéronautique en France », martèle le président de la Région Auvergne, René Souchon, à l’ouverture du salon Aéroliance le 13 octobre. « Beaucoup de gens l’ignorent, y compris les auvergnats », ajoute t-il.

La Région Auvergne veut affirmer sa place dans l’industrie aéronautique française et s’en donne les moyens.

Aéroliance est au coeur de cette politique régionale. Organisé pour la 1ère fois en 2009, il n’accueillait alors que 200 entreprises. Deux ans plus tard, le salon en reçoit plus de 600 avec plus de 1000 participants issus de 32 pays. Une belle progression qui révèle l’attractivité et le potentiel de l’Auvergne dans l’industrie aéronautique.

René Souchon, président de la région Auvergne, à Aéroliance le 13 octobre.

Aéroliance fonctionne comme une convention d’affaires. Un mois avant l’évènement, chaque inscrit peut consulter en ligne le catalogue des besoins, projets et compétences exprimés par les participants. Durant les 10 jours suivant, les inscrits proposent et reçoivent des demandes de rendez-vous qu’ils valident ou refusent en fonction de leurs attentes. Le planning de participation est ensuite adressé aux participants une semaine avant le salon. Résultats : une foule de sous-traitants et de de donneurs d’ordre se retrouvent durant deux jours pour d’éventuels partenariats ou contrats de ventes.

L’Auvergne est connue pour sa longue tradition industrielle liée au pneumatique (Michelin) et au travail des métaux (Aubert & Duval, Slicom). Mais elle a aussi développé une industrie aéronautique de pointe dans le domaine de la maintenance (Enhance Aero), des matériaux composite (REXIAA, Duqueine) et de l’électronique embarquée (NSE). Les partenariats avec l’étranger se multiplient depuis plusieurs années et les infrastructures se développent. Le groupe NSE réalise 80% de son chiffre d’affaire dans le secteur de la Défense (radars et système de brouillage électronique pour avions de combat). Il a ouvert un site au Maroc en 1998 et a construit un nouvel hangar en 2001 où il accueille d’autres sociétés selon le concept américain du One Roof .

Audrey Hess, Directeur Général d'Enhance Aero.

C’est le cas d’Enhance Aero, une jeune société auvergnate qui occupe le hangar de NSE depuis 2009 et compte déjà 110 salariés. Elle assure la maintenance de compagnies aériennes notamment situées en Europe de l’Est comme Linxair (Slovénie) et Dniproavia (Ukraine). « Nous développons aussi notre clientèle au Kazakhstan et prévoyons une croissance en Afrique où le transport aérien est très sollicité en raison d’un mauvais réseau routier et ferroviaire », commente Audrey Hess, Directrice Générale d’Enhance Aero.

De son côté, Aubert & Duval conçoit des solutions métallurgiques de pointe sous forme de pièces ou de produits longs pour des grands donneurs d’ordre comme Airbus, Boeing, General Electric, ou Safran. Ses anciens bâtiments en briques rouges (fonderie, aciérie) côtoieront bientôt une nouvelle usine de 7500 m² née de la  joint-venture Ukad détenue à 50/50 avec UKTMP, l’un des principaux producteurs de titane au Kazakhstan. L’objectif est de transformer les lingots de titane d’UKTMP afin de forger des pièces. Aubert & Duval transforme déjà du métal pour des trains d’atterrissage de B777 ou du futur A350.

Wang Yuzhu et Zhang Yi de TST.

Les industriels chinois eux-mêmes s’intéressent à l’Auvergne. C’est le cas de TST, fondée en 1989 à Tianjin près de Pékin, qui vend des pièces de fabrication de pneumatiques et de transport de fuselage d’avions Airbus. TST occupe un stand à Aéroliance pour la première fois. « Nous travaillons depuis plus de 10 ans en Auvergne avec Michelin et nous cherchons un partenaire européen pour le design de nos machines. Aussi, nous envisageons d’implanter une filiale en Europe, mais nous hésitons encore entre Hambourg et la France », explique Wang Yuzhu, responsable Marketing chez TST.

Mais l’Auvergne doit aussi régler certains problèmes. Parmi eux, la formation de techniciens qualifiés dont manque les entreprises aéronautiques. « Nous recueillons les demandes des entreprises selon les postes, mais cela nécessite quelques années pour créer une nouvelle filière. Et une fois que le technicien sort de l’école il faut le former et le garder. Tout cela ne se fait pas en six mois », rappelle René Souchon. Enfin, l’accès à Clermont-Ferrand par avion reste un souci malgré un aéroport surdimensionné. Air France ne fournit pas assez de vols réguliers avec Paris. Un vide que combleront peut-être les compagnies low-cost comme Easyjet dès que des slots seront ouverts.

Voir le reportage de France 3

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