Compagnies aériennes, la faillite du modèle

Difficile pour un professionnel du transport aérien de ne pas plonger dans cet ouvrage de Jean-Louis Baroux, vieux routard du secteur depuis 40 ans, qui dresse un tableau au vitriol des compagnies aériennes  européennes.

Du « cauchemar de Roissy-Charles-de-Gaulle » au « gros business de la sûreté » en passant par « la grande détresse des prestations à bord », Jean-Louis Baroux n’en finit pas de pointer les lacunes et les dérives du transport aérien.

L’auteur présente d’abord le système économique du « yield managment » qui consiste à rentabiliser le moindre siège disponible dans un avion même en cas de surbooking. Il passe ensuite au crible les tarifs fluctuant des compagnies et la qualité du service à bord qui n’est pas forcément proportionnel au prix du billet. Jean-Louis Baroux révèle aussi les ficelles des compagnies pour conserver leurs slots et faire barrage aux compagnies low-cost. Celles-ci sont d’ailleurs largement évoquées, « dictant leur loi » aux grandes compagnies grâce à des tarifs deux fois moins élevés tout en proposant les mêmes avions.

L’auteur dresse avec minutie toutes les étapes que doit suivre le « passager » (à défaut d’être un client). De l’achat du billet au parking de l’aéroport bondé jusqu’au au contrôle de sécurité, le voyage en avion est davantage vécu comme une succession de stress à l’opposé du voyage doux et agréable vendu sur les publicités. Extrait :

« Où est l’attention du client? Voilà la question que doivent se poser tous les clients du transport aérien, tout au moins dans les aéroports européens. Le sentiment général est qu’elle est inexistante, à quelques remarquables exceptions près. Si ce n’était pas le cas, comment expliquer des absences d’équipements criantes, comme des sièges en nombre insuffisant dans les salles d’embarquement, comme une signalétique totalement défaillante, au moins dans certains aéroports, comme le fait que les bars et restaurants peuvent être fermés alors qu’il y a des vols, comme la présence insuffisante d’agents aux postes de police à l’arrivée – cela étant particulièrement vrai pour Paris -, comme le manque de postes d’inspection filtrage, puisque aussi bien il a été décidé que les passagers devaient être scrutés. Pourquoi demande-t-on aux passagers d’arriver deux heures avant le départ à l’aéroport alors que les comptoirs d’enregistrement n’ouvrent au mieux qu’une heure et demie avant le départ ? »

Instructif, critique et parfois édifiant, l’ouvrage de Jean-Louis Baroux n’évite pas certaines redondances au sujet des code share et de l’assurance pétrole. Mais son signal d’alarme envers les compagnies européennes est parfaitement justifié à l’heure où le transport aérien déporte toute sa croissance vers l’Asie, où la qualité du service à bord est une priorité.

Prix : 18,95 euros, éditions l’Archipel.

Une pensée sur “Compagnies aériennes, la faillite du modèle

  • 22 mai 2012 à 23 h 43 min
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    Intéressé par le secteur aéronautique puisqu’y travaillant, j’ai acheté cet ouvrage à l’aérogare d’Orly en attendant mon vol, donc en plein contexte! Je pensais découvrir une analyse marketing et économique du secteur en question avec un important benchmark; mais au lieu de cela, ce livre n’est que ramassis d’idées très convenues et populistes! Aucune analyse poussée, juste une critique peu objective et faiblement argumentée sur AirFrance, ADP et la France en général. Ce Monsieurs Jean Louis Baroux devrait rejoindre rapidement Monsieurs Amédéo au sein du club des pseudo-écrivains/journalistes frustrés par AF, ADP et j’en passe. Ce livre est juste bon à nourrir la colère du passager néophyte venant de connaître une déconvenue lors de son voyage aérien. Bref, décevant, quelques rares élèments néanmoins intéressant mais pas de quoi en faire un livre!

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