L’US Air Force prépare un dirigeable géant pour surveiller l’Afghanistan

L’US Air Force va déployer un nouveau supercalculateur extrêmement puissant en Afghanistan.

Mais il ne sera pas au QG de Dave Petraeus à Kaboul ou dans une agence gouvernementale à trois lettres pour mener ses opérations à Kandahar. Non. Ce supercalculateur flottera à 20 000 pieds au-dessus de la zone de conflit, à bord d’un dirigeable géant qui surveillera et écoutera tout ce qui se passe à des kilomètres à la ronde.

Ce programme appelé Blue Devil est financé sur un budget ambitieux de 211 millions de dollars.

L’US Air Force n’indique pas quel type de caméras, de radars et d’appareils d’écoute voleront à bord. On ignore également si les militaires pourront traiter toutes les informations que le dirigeable collectera en altitude.

Pour l’instant, le renseignement militaire américain puise ses informations depuis des avions fournissant une vidéo-surveillance aérienne, et d’autres appareils qui captent les téléphones portables et les talkies-walkies. Mais ces tâches sont habituellement traitées par un avion différent et leur regroupement prend du temps ce qui permet bien souvent à l’ennemi de s’enfuir. L’objectif du dirigeable sera de coordonner ces activités.

Le lieutenant-général David Deptula

Le concept du Blue Devil repose sur une douzaine de capteurs différents, échangeant leurs informations en permanence. Le supercalculateur recoupera les données, et orientera les capteurs automatiquement dans la bonne direction, un peu à la manière du réseau Echelon qui réagit à certains mots clés. Le but est d’obtenir que l’information coordonnée soit transmise aux troupes au sol en moins de 15 secondes.

« Cela pourrait changer la nature de la surveillance aérienne», explique le lieutenant-général à la retraite David Deptula, responsable jusqu’en octobre 2010 du renseignement au sein de l’US Air Force.

La première phase du projet Blue Devil est déjà en cours. L’année dernière, quatre avions de brouillage électronique ont été expédiés en Afghanistan, et équipés d’une batterie d’engins de surveillance.

La deuxième phase concerne le dirigeable lui-même. Il mesurera une centaine de mètres pour un volume de 40 000 mètres cubes soit plus grand qu’un terrain de football. Il s’agira de l’un des plus grands dirigeables produits depuis la Seconde Guerre mondiale.

L’US Air Force espère que la taille conséquente du dirigeable devrait lui fournir assez de carburant et d’hélium pour rester en l’air durant une semaine à environ 6 000 mètres d’altitude. Rester si haut aussi longtemps est sans précédent. Mais l’Armée de terre planche aussi sur un projet concurrent, le « Long Endurance Multi-Intelligence Vehicle » (LEMV), qui repose sur une coque hybride capable de voler trois semaines !

En plus d’une gamme de dispositifs d’écoute à bord, des caméras à vision jour/nuit, des relais de communication et des récepteurs de capteurs au sol, le dirigeable Blue Devil organisera également un vaste système de surveillance de zone aéroporté, le WAAS.

Le général James Cartwright, vice-président du Comité d’état-major des forces armées américaines, lors d’une conférence en novembre 2010 a déclaré qu’il avait besoin de 2000 analystes pour traiter les images recueillies par un drone équipé de capteurs WAAS. La prochaine génération, qui utilisera 96 caméras et génèrera 274 téraoctets d’information par heure, nécessitera 1870 disques durs pour stocker autant de données.

C’est là que le super-ordinateur entre en jeu. Avec l’équivalent de 2000 serveurs mono-cœur, il peut traiter jusqu’à 300 téraoctets par heure. Ainsi, au lieu d’envoyer simplement toutes les images à l’infanterie, comme la plupart des capteurs, des transformateurs du dirigeable reclasseront l’information et ajouteront des métadonnées telles que la localisation et l’heure. Les troupes au sol interrogeront alors un serveur du dirigeable comme un moteur de recherche sur Internet, qui ne transmettra que les éléments pertinents. Une sorte de « Google aérien ».

« Les gens me demandent : avec tous ces capteurs, comment allez-vous transmettre toutes les données vers le sol ?» Eh bien, nous n’avons pas nécessairement besoin d’envoyer le tout,  » explique David Deptula. « Une solution possible serait de transformer une partie des données à bord, et d’envoyer uniquement ce qui est de l’intérêt. Cela réduit les besoins en bande passante. »

Le premier vol est prévu pour octobre 2015.

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